Journée Olympique : de nouveaux sports olympiques au Ghana pour préparer Paris 2024

Le surf, le skateboard et le basketball 3*3 ont été désigné comme nouvelles disciplines olympiques pour les Jeux de Tokyo 2020 et Paris 2024. Bien que pratiqués au Ghana, ces sports ne disposent pas de fédérations officielles et sont gérés par des associations.

Surf & Skateboard

Sandy Alibo, fondatrice de Surf Ghana, a travaillé en France pour une entreprise de télécommunication investie dans le sport et a pu développer des événements de sports extrêmes, manager des sportifs ou encore créer une stratégie sportive digitale.

1/ Pouvez-vous brièvement présenter votre association ?

Surf Ghana est un collectif de surfeurs et de skateboardeurs de 30 volontaires. L’association contribue à l’accès aux sports de glisse pour les ghanéens. Nous avons collecté plus de 500 équipements en France, en Europe et aux Etats-Unis. En 3 ans, nous avons dispensé plus de 2000 cours de surf et de skateboard. L’association a aussi pour but d’utiliser les sports extrêmes comme un levier d’éducation, d’inclusion sociale et de développement de la jeunesse. Nos actions promeuvent également les actions éco-citoyennes par le biais d’ateliers d’art collaboratif, d’exposition photos ou de nettoyage des plages. Pour la journée internationale du surf, nous avons invité 30 étudiants de l’Université de Takoradi à découvrir le village de Busua, à surfer et y nettoyer la plage.

2/ Comment expliquer la tendance actuelle autour du surf et du skateboard ? Pensez-vous que les Jeux Olympiques vont aider ces sports à se démocratiser ?

Liberté et expression personnelle sont deux notions importantes dans ces sports. Peu importe son niveau, dès que l’on apprend quelques figures de base, on développer son propre style. Il y a aussi une fascination autour de l’adrénaline et le danger procurés par ces sports extrêmes.
Les Jeux Olympiques sont une belle opportunité de développer ces pratiques en Afrique. Tous les pays du continent auront l’opportunité de gagner en visibilité et d’avoir de nouveaux représentants. Pour le Surf et le skateboard, il est probablement trop tôt pour le Ghana mais il ne fait aucun doute que ces sports émergeront dans les années à venir.
Pour le moment, le surf et le skateboard sont uniquement gérés par des écoles de surf où des associations. La reconnaissance en tant que sport olympique favorisera le développement de nos activités mais créera aussi un élan afin de mettre en place des fédérations dédiées qui encadrent ces sports.
Par ailleurs, le gouvernement aura besoin de développer des infrastructures adaptées. Ceci créera une nouvelle génération d’athlètes qui attirera les jeunes à pratiquer à leur tour et à créer une nouvelle économie autour de ces sports.

3/ Comment le surf et le skateboard peuvent être développés et comment une fédération peut-elle émerger ?

Nous avons besoin que les institutions ghanéennes reconnaissent nos efforts pour pousser ce type de sport au développement et qu’elles les considèrent comme un instrument de développement national avec une fédération dédiée. Nous aimerions faire équipe avec des institutions comme le Ministère de la Jeunesse et des Sports, le Ministère du Tourisme ou le Comité Olympique Ghanéen afin de créer le premier skate-park du Ghana. J’ai rencontré récemment le Ghana Tourism Authority pour leur parler du marché du surf et du skateboard et initié un partenariat. Je suis en attente de leur réponse.
Nous ne sommes néanmoins pas seuls à gérer ces disciplines mais les nouvelles tendances autour de ces sports amèneront à créer de nouvelles fédérations sportives à plus ou moins long terme.

4/ Vous êtes originaire de France, un pays réputé pour le surf et le skateboard. Qu’est-ce que la France peut apporter au développement de ces pratiques au Ghana ?

La France est ma seconde maison. Des athlètes français supportent d’ailleurs déjà notre cause : Samuel Patraix, Matthias Dandois, Anne Flore Marxrer, Yannick Granieri ou Benjamin Garcia. Nous espérons faire venir ces sportifs à Accra pour qu’ils puissent partager leur expérience. Les skateboardeurs français sont très talentueux et beaucoup d’entre eux ont de fabuleuses expériences à partager avec les ghanéens. Les français sont aussi réputés comme d’excellents constructeurs de skate-parks. Nous pourrions imaginer de multiples collaborations pour développer à la fois les compétences et l’emploi dans ce secteur au Ghana. La France a aussi créé un programme de solidarité pour Paris 2024 où notre association a été sélectionnée pour représenter les meilleures initiatives.

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Basketball 3*3

Isaac Robert Kwapong est consultant du sportif spécialisé dans le sport scolaire. Il est aussi le fondateur et directeur de IMYouth Foundation et nous présente le Basketball 3*3.

1/ Pouvez-vous brièvement présenter votre association ?

IMYouth était auparavant appelée Dynasty Basketball Association : une association utilisant le basketball comme un outil favorisant le développement personnel de la jeunesse ghanéenne. Impact Youth Foundation est une ONG travaillant sur le développement de compétences et de leadership chez les jeunes et, particulièrement, ceux qui vivent dans les communautés défavorisées du Ghana.
IMYouth dirige plusieurs programmes sportifs et éducatifs. Parmi eux, 3*3 Ghana a organisé avec succès 13 événements 3*3 approuvés par la FIBA (Fédération internationale) depuis 2012. Nous sommes les leaders en terme de promotion du Basketball 3*3 au Ghana.

2/ Pouvez-vous décrire le Basketball 3*3 et l’influence potentielle qu’aura les Jeux Olympiques ?

Le 3*3 est le premier sport urbain. Il peut être pratiqué facilement avec un panier et un ballon. Le 3*3 est un jeu commun au Ghana (plus de 3000 personnes le pratique régulièrement mais de manière informelle) et qui gagne en popularité surtout dans les villes comme Accra ou Kumasi où l’on retrouve le plus de pratiquants. Durant les deux années qui viennent de s’écouler, une équipe U18 et Senior ont été lancée par la Ghana Basketball Association (GBBA). Ceci va aider le Ghana à progresser et améliorer ses classements afin de pouvoir participer à des compétitions comme la coupe d’Afrique où les Jeux Olympiques.

3/ Par quels moyens pouvez-vous développer le basketball 3*3 afin d’augmenter le nombre de pratiquants ?

Le 3*3 nécessite de nombreux investissements en milieux ruraux et urbains. Notre stratégie de développement se décline en 3 catégories :
-  « Grassroot 3*3 » qui consiste en l’organisation de camps de baskets, d’ateliers, de tournois de communautés et de construction d’infrastructures.
-  Le « 3*3 Tours & Leagues », un programme qui impliquera les U18 et les seniors.
-  Un championnat de basketball 3*3 pour les écoles
Nous aimerions que les deux premiers programmes soient organisés en partenariat avec des organisations et institutions qui peuvent nous aider financièrement et ainsi créer un effet levier.

4/ Comment pensez-vous que le Basketball 3*3 peut se structurer au Ghana ?

Un des objectifs de notre association est de pouvoir développer le 3*3 non seulement au Ghana mais aussi en Afrique de l’Ouest. C’est pourquoi notre programme se nomme désormais 3*3 Ghana avec pour but de créer des partenariats avec la GBBA, le Ministère de la Jeunesse et des Sports ou encore le Comité National Olympique et développer cette discipline dans tout le pays. Le 3*3 représente aussi une opportunité pour la GBBA de développer le basketball au Ghana et d’y gagner des titres puisque c’est un sport encore en développement dans de nombreux pays. Comme je l’ai déjà mentionné, une équipe de U18 et de séniors a notamment été lancée par la fédération ghanéenne de basketball.

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Dernière modification : 01/07/2019

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