Interview de Philippe Bootz et Severine Bortot de l’Université Paris VIII

Les deux représentants de l’Université Paris 8 se sont rendus au Ghana afin d’explorer des nouvelles pistes de collaboration avec les universités ghanéennes. Découvrez leurs futurs projets dans cet entretien.

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Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Séverine Bortot est docteure en archéologie, spécialiste des cultures du Mexique central au premier millénaire de notre ère. Elle travaille depuis près de 10 ans dans l’internationalisation de l’enseignement supérieur. Elle a exercé pendant 4 années en tant que responsable d’un pôle de projets européens dans une université de sciences et de médecine avant d’être nommée directrice des relations internationales de Paris 8 Vincennes, il y a 5 ans.
Philippe Bootz est Professeur agrégé de physique, Docteur en physique, Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication, et Maître de Conférences habilité à Diriger des Recherches (HDR) à l’université Paris 8. Il est Président du labex Arts et Médiations Humaines, responsable de l’équipe de recherche "Ecritures et Hypermédiations Numériques" au laboratoire Paragraphe (Paris 8), responsable du master "Ecritures, Littérature et Livre Numérique", membre du comité exécutif de l’Ecole Universitaire de Recherche ArTeC.
Il est un des créateurs pionniers en littérature numérique française qu’il aborde dès 1977 et est l’auteur de plus de 300 articles de recherche et conférences internationales. Il est Président du réseau européen des littératures numériques, membre fondateur du réseau sud-américain des littératures numériques et œuvre actuellement à la création du réseau d’Afrique de l’Ouest en littérature numérique en partenariat étroit avec l’université du Ghana, l’institut Cerco de Cotonou, le Rochester Institute of Technology et la chaire Unesco ITEN sur l’humanisme numérique.

Qu’est-ce qui fait la particularité de l’université Paris 8 ?

Depuis sa création comme Centre expérimental à Vincennes en 1969 puis son implantation à Saint-Denis en 1980, l’université Paris 8 est aujourd’hui un pôle d’enseignement et de recherche central en Île-de-France dans le domaine des humanités. A dominante Arts, Lettres, Sciences Humaines et Sociales, l’université Paris 8 a toujours eu pour objectif principal d’amener les étudiants à une meilleure compréhension du monde contemporain tout en leur fournissant les outils pour s’insérer durablement dans la société. Dans cette perspective, le caractère innovant des recherches qu’elle propose trouve des origines dans son ouverture à des domaines jusque-là peu présents dans l’Université française, tels que la psychanalyse, la géopolitique, le cinéma, les arts plastiques, le genre, etc. Paris 8 se distingue aussi par sa volonté de maintenir un lien très fort entre la recherche et l’enseignement, en s’appuyant sur des méthodes pédagogiques qui ont pour vocation de s’adapter à tous les publics et de dispenser une formation pour tous, tout au long de la vie.

Quelle est votre vision de la relation entre la France et l’Afrique et plus particulièrement avec le Ghana ?

L’université Paris 8, forte de ses 30 % d’étudiants internationaux et des 157 nationalités représentées parmi eux, se définit comme Université-Monde. Si cette appellation s’inscrit d’abord dans une tradition historique d’accueil et d’ouverture à la diversité, elle répond aussi à une réalité contemporaine dans laquelle la dimension internationale et européenne prend une ampleur croissante. Dans ce contexte de globalisation croissante, Paris 8 entend garder une place prépondérante à l’accompagnement et à la valorisation de la diversité culturelle. Paris 8 soutient le développement de ses coopérations internationales, tant avec des universités prestigieuses qu’avec d’autres, auxquelles Paris 8 tient à apporter un soutien ou un partage d’expérience dans le domaine scientifique et pédagogique. Ce développement de partenariats est amené à se poursuivre vers les zones avec lesquelles Paris 8 entretient des liens suivis de longue date, en Europe, au Maghreb, et en Afrique. La coopération universitaire avec les universités africaines anglophones représente un enjeu nouveau important pour deux raisons : d’une part, elle propose une alternative aux universités européennes anglophones pour le perfectionnement du niveau d’anglais de nos étudiants. D’autre part, elle permet à tous nos étudiants spécialisés sur cette zone géographique qu’ils soient en Arts, en science politique ou en sociologie une destination de premier plan dans le paysage universitaire régional.

Pourriez-vous nous parler de vos projets au Ghana ?

La coopération avec le Ghana s’inscrit d’une part dans un contexte de développement de la littérature numérique en Afrique subsaharienne, mais plus largement dans une volonté de diversifier : les universités du Ghana et de Cape Coast représentent des destinations inédites dans notre offre de mobilité internationale en programmes d’échange. Et le soutien des programmes européens Erasmus crédits sera un levier efficace pour assurer l’équilibre entrant/sortant des mobilités étudiantes.

Dernière modification : 20/04/2018

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