Interview de Dr Seth Adu-Afarwuah de l’Université du Ghana, intervenant à la Conference YASE 2018

La Conférence YASE 2018 est la première conférence dédiée aux jeunes chercheurs africains en Europe et s’est tenue le 6 juillet 2018 à Toulouse. Dr Seth Adu-Afarwuah, Enseignant-chercheur au Département de nutrition à l’Université du Ghana, était l’un des intervenants lors de cette conférence. Il nous fait partager son expérience dans un entretien.

JPEGYASE 2018 est une initiative du média en ligne Afriscitech, appuyée par l’Institut de recherche pour le développement et l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées. Elle est associée au European Science Open Forum 2018, plus grand colloque scientifique interdisciplinaire en Europe, qui se déroulera du 9 au 14 juillet 2018.
La Conférence YASE vise à donner accès à des informations, présenter des initiatives et favoriser la création de réseaux, afin que les jeunes chercheurs africains expatriés en Europe connaissent mieux les opportunités de participer au développement scientifique et technologique de l’Afrique.
Elle est placée sous le haut patronage de Madame Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
Dr Seth Adu-Afarwuah, Enseignant-chercheur au Département de nutrition à l’Université du Ghana, était l’un des intervenants lors de cette conférence. Il nous fait partager son expérience dans un entretien.

1. Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Je suis enseignant-chercheur au Département Nutrition et Agronomie. J’ai eu mon doctorat à l’Université de Davis en Californie. Après un Post-Doc aux Etats-Unis, je suis revenu au Ghana pour travailler sur un projet de l’Unicef. J’ai intégré l’Université du Ghana en 2009 où j’ai commencé comme chercheur sur un projet portant sur les suppléments nutritionnels à base de lipides comme le Plumpy’Nut, le complément alimentaire produit par la compagnie française Nutriset. Je suis ensuite devenu maître de conférences.

2. Pouvez-vous nous présenter la conférence YASE ?

L’objectif de la conférence YASE est de réunir des universitaires et des chercheurs Africains en Europe pour se rencontrer et apprendre les uns des autres et découvrir les opportunités de recherche existant en Afrique. C’est une plateforme pour échanger des idées, rencontrer des décideurs politiques, des représentants des gouvernements et établir de nouveaux réseaux.

3. Sur quel sujet portait votre présentation ?

J’étais invité à participer à une table-ronde portant sur les impacts sur la société de la science et de la recherche appliquée. Ma présentation présentait une recherche sur les raisons de la faible teneur en nutriments des aliments consommés par les enfants africains qui souffrent de troubles de croissance et sur les solutions possibles à ce problème. L’une des façons d’augmenter l’apport nutritionnel des enfants est d’enrichir leur nourriture par l’ajout de suppléments nutritifs. Nous avons donc développé des suppléments nutritionnels à base de lipides qui, lorsqu’ils sont mélangés à la nourriture de l’enfant ou de la mère, vont en théorie leur apporter l’apport nutritionnel nécessaire. De cette façon, nous pouvons réduire l’occurrence de naissances présentant une insuffisance pondérale et enrayer les troubles de croissance chez les enfants. Nous avons constaté que ces défauts de croissance commencent parfois avant la naissance. Aussi, nous avons suggéré de traiter le problème avant la naissance en administrant à la mère les nutriments nécessaires afin qu’elle donne naissance à un bébé plus vigoureux. Les études sur l’administration des suppléments nutritionnels que nous avons développés ont été conduites au Ghana, au Malawi et au Burkina Faso. Cette présentation était l’occasion de présenter les résultats prouvant l’efficacité de notre méthode et j’espère que les conclusions et recommandations de cette étude seront une source d’inspiration pour les décideurs politiques.

4. Comment voyez-vous la coopération universitaire entre la France et le Ghana ?

Du point de vue scientifique et de la recherche, je crois à la collaboration comme un moyen d’apprendre les uns des autres. En termes de communauté de recherche, il y a de nombreux chercheurs des pays développés qui peuvent apprendre en venant travailler en Afrique quel que soit le domaine de recherche, tout comme nous apprenons beaucoup lorsque nous allons dans leur pays.
Il y a beaucoup à partager également à travers ces collaborations, que ce soit de nouvelles techniques ou technologies, des sujets de recherche ou des sources de financement. A travers leur interaction avec des chercheurs en Afrique, les jeunes chercheurs Africains en Europe sont ainsi rassurés sur les opportunités de travail et de recherche lorsqu’ils reviennent en Afrique.
C’est formidable que la France contribue ainsi à réunir les chercheurs des deux pays afin de travailler ensemble et d’échanger des idées. Ma participation à la conférence m’a permis de rencontrer de nombreux collègues qui j’espère pourront contribuer à de futurs projets ou réseaux. Je tiens à remercie l’Ambassade de France à Accra pour avoir financé ma participation à la conférence YASE.

Dernière modification : 19/07/2018

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